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Industrie chimique : la Belgique face à des défis multiples

Rédigé par Patrick Van der Avert | 3 février 2026

Commençons par la bonne nouvelle : les prévisions en matière de risque crédit pour notre industrie chimique nationale sont raisonnables. Les spécialistes sectoriels d'Atradius suivent le risque crédit dans la plupart des secteurs des principaux marchés. Ils concluent que le risque crédit est moyen et que les résultats d'exploitation dans le secteur chimique belge sont stables.

De plus, contrairement à beaucoup de nos pays voisins, l'industrie chimique belge a enregistré une croissance annuelle de sa production en 2024 (+8,3 %) et 2025 (+0,2 %). 

Toutefois, comme dans le reste de l'Europe, des préoccupations à long terme et des problèmes structurels plus larges persistent. Ces défis comprennent des coûts énergétiques plus élevés que dans d'autres régions, les droits d'importation américains et la concurrence des producteurs asiatiques, où de nombreux coûts des matières premières sont moins élevés.

Quelles sont les perspectives actuelles pour l'industrie chimique belge ?

L'industrie locale montre quelques signes de tension. La société américaine Dow a récemment annoncé son intention de fermer l'usine de polyols de Tertre. Trois filiales allemandes de la société belge Domo Chemicals ont déposé le bilan.

Les relations sociales dans le secteur sont également tendues. Des grèves imminentes ont pu être évitées en décembre 2025, mais des manifestations ont eu lieu chez Pfizer et Novartis à Puurs-Sint-Amands (Anvers) et chez TotalEnergies à Feluy (Hainaut).

Il existe toutefois des initiatives régionales, nationales et européennes visant à soutenir l'industrie. Catalisi, financé en partie par le gouvernement flamand, se concentre sur les produits chimiques renouvelables et agit comme un incubateur et une plateforme de soutien afin d'accélérer l'innovation et la croissance dans l'industrie régionale des produits chimiques et des plastiques.

La fédération belge de l'industrie chimique et des sciences de la vie, essenscia, représente les intérêts de plus de 700 entreprises dans notre pays. Bien que l'organisation constate une baisse des exportations dans le secteur, elle souligne également que celui-ci est relativement robuste. La chimie représente un tiers des exportations totales de la Belgique et affiche des performances supérieures aux attentes en matière d'innovation, se classant au dixième rang mondial pour les demandes de brevets dans les domaines de la chimie, de la pharmacie et de la biotechnologie.

Et quoi pour l'industrie chimique européenne ?

Comme le décrit le dernier rapport d'Atradius sur les tendances dans l'industrie chimique, le secteur européen reste confronté à des défis. Ceux-ci comprennent des coûts énergétiques structurellement plus élevés que dans d'autres régions et une concurrence persistante de la part de l'Asie, en particulier de la Chine, ce qui peut rendre plus difficile pour les entreprises européennes d'être compétitives sur le marché mondial. Ce défi pourrait être aggravé par les droits d'importation américains. La Chine considérera probablement l'Europe comme un nouveau marché pour remplacer les contrats américains perdus, ce qui renforcera encore la concurrence pour les entreprises européennes.

Afin de remédier à ce déséquilibre, l'UE a lancé en juillet 2025 un plan d'action européen pour l'industrie chimique. Ce plan vise à alléger la pression sur le secteur en soutenant les investissements, en encourageant l'innovation et en allégeant la charge réglementaire.

Quelles sont les perspectives mondiales pour l'industrie
chimique ?

Si nous devions décrire les perspectives en un seul mot, nous choisirions « incertaines ».
L'industrie mondiale continuera de croître, notamment sous l'impulsion de la région Asie-Pacifique. Cependant, le niveau élevé des prix de l'énergie, combiné à l'incertitude qui règne autour de la politique tarifaire américaine, continue de poser des défis et les petites entreprises, en particulier, auront de plus en plus de mal à rester compétitives.

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